René Vidalot

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RENÉ VIDALOT est originaire de Touraine : il est né en 1912 à Luzzilé,
une petite commune d’Indre et Loire, proche du château de Chenonceau.
Dés son plus jeune âge, ses dispositions pour la musique le guide vers
l’étude du violon qu’il pratique régulièrement jusqu’à l’âge de vingt ans. Il a
été violon solo du « Grand Turc », le plus fameux orchestre de brasserie de
Tours.
En même temps, après son apprentissage de tonnelier dans l ‘entreprise du
père de Charles Conord, (un autre brillant professeur qui a formé des
générations de cornistes au conservatoire de Lille), il est promu maître de
chai dans les caves de Montlouis.
A l’occasion de son service militaire, il incorpore la musique régimentaire
de Tours et débute le cor à l’âge de vingt ans.
Après seulement deux ans d’étude au conservatoire de cette ville, il est
admis au Conservatoire National Supérieur de Paris, dans la classe de
Maître Emile Vuillermoz à qui il vouait une admiration sans bornes.
Avec son professeur et quelques condisciples, tel Lucien Thévet avec qui il
restera toute sa vie en relation professionnelle et amicale, il participe à la
mise au point du cor double ascendant Fa/Si b Selmer, modèle Vuillermoz.
Il jouera cet instrument tout au long de sa carrière.
Dès l’obtention de son Premier Prix de Paris, il est admis en 1935 au
concours de second cor à l’Orchestre de l’Opéra de Monte-Carlo. Il a ainsi
l’opportunité d’apprendre le métier d’orchestre sous la direction des plus
grands chefs du moment (Richard Strauss, Mengelberg, Furtwangler,
Toscanini…).
Il n’y reste qu’une saison et en 1936, il passe le concours de professeur au
conservatoire de Toulouse, dirigé alors par Aymé Kunc, compositeur
« Grand Prix de Rome » et chef d’orchestre. Le talent de corniste et le jeu
musical exceptionnels de René Vidalot séduit Aymé Kunc qui le recrute
également comme cor solo à l’orchestre du Théâtre du Capitole.

A Toulouse à cette époque, comme dans toutes les grandes villes de
province, le théâtre d’opéra ne fonctionne pas en permanence. Ainsi, les
musiciens tutistes et les choristes ont souvent un autre métier. Les chefs de
pupitre qui sont aussi professeurs au conservatoire de la ville, sont
engagés eux pour les saisons d’été dans les orchestres de casino des villes
d’eau et autres prestigieuses villégiatures.
René Vidalot, un des cornistes les plus recherchés de province, est
régulièrement invité à se produire comme cor solo avec l’orchestre du
théâtre du casino de Vichy, scène lyrique internationale où défilent les plus
grandes voix du moment.
Cet orchestre y donne aussi des concerts symphoniques sous la direction
de la fine fleur des maestros.
René Vidalot participe également aux saisons estivales de l’orchestre du
casino de Biarritz, villégiature fréquentée comme à Vichy, par une société
huppée accourant de toute l’Europe!
Mobilisé en septembre 1939 à la déclaration de la Deuxième Guerre
Mondiale, René Vidalot est fait prisonnier en juin 1940 et envoyé dans un
« Stalag », où il reste interné pendant quatre ans. Il trompe alors son
désoeuvrement en dirigeant l’orchestre du camp.
A la Libération en 1944, il reprend son instrument qu’il a cessé de
pratiquer durant tout ce temps. Par défi, il se présente au concours de cor
solo de l’orchestre de la Garde Républicaine.
Reçu, il préfère reprendre ses fonctions à Toulouse au conservatoire et au
théâtre de Capitole où son épouse est artiste du choeur.
Parallèlement à ses activités d’orchestre, René Vidalot est invité à se
produire comme soliste dans des concerts radiodiffusés en direct et à jouer
des concertos pour cor avec l’orchestre de Radio-Toulouse. Et ce jusqu’à sa
dissolution en 1963, comme la plupart des orchestres de radio de province.
Lucien Thévet, cor solo à l’orchestre de Paris et à la Société des Concerts
du Conservatoire lui demande à plusieurs reprises dans les années
cinquante de le remplacer au pupitre de cor solo de l’orchestre du Festival
d’Aix en Provence. C’est le seul festival de musique de niveau international
dans la France de l’après-guerre et jusqu’aux années soixante.

Avec ses collègues du conservatoire de Toulouse, il fonde « l’Ensemble
Instrumental de Toulouse » : quintette à vent avec piano. Cette formation

diffuse le répertoire de musique française pour vent et piano dans divers
pays d’Europe et jusqu’au Japon où elle est invitée à plusieurs reprises. Un
disque de musique française y est produit lors d’un de ces séjours.
René Vidalot fait valoir ses droits à la retraite à l’Orchestre du Capitole en
1972 et poursuit sa carrière de professeur jusqu’en 1978.Il ne profitera
guère de sa retraite, trois ans plus tard, en 1981, il décède à l’âge de 69 ans.
En septembre 1978, un ancien élève de René Vidalot, Gilles Rambach, lui
a succédé au poste de professeur de cor au conservatoire de Toulouse
René Vidalot l’avait, cinq années auparavant, présenté en même temps
qu’un autre de ses élèves, Daniel Daure (ex soliste de l’ONCT), au
concours d’entrée du CNSM de Paris. Ses deux élèves sont rentrés alors
premiers nommés cette année là, c’est dire l’excellence de la pédagogie du
maître toulousain du cor!
Quarante ans plus tard en 2018, Jean-Pierre Cénédèse, un disciple de
Gilles Rambach, reprend à son tour le flambeau.

Quelques élèves toulousains de René Vidalot ayant occupé des postes
professionnels,la plupart lauréats du Conservatoire National Supérieur de
Musique de Paris (tous à la retraite) :
• Henri Montfeuillard: ex cor solo de l’Orchestre de Radio Toulouse, de
l’Orchestre Philarmonique de Radio France
• M.Brassens: ex soliste de l’Orchestre de Radio Luxembourg
• Christian Bastouilh: ex soliste de l’Orchestre National du Capitole de
Toulouse
• M. Vignaux: ex soliste de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse
• Jean-Claude Barro: ex soliste de l’Orchestre Philarmonique de Radio
France
• Henri Balso: ex cor solo de l’orchestre de Radio Strasbourg, de
l’Orchestre Philarmonique de Lorraine
• Daniel Daure: ex soliste de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse
• Gilles Rambach: ex professeur de cor du Conservatoire à Rayonnement
Régional de Toulouse

H.B. G.R.